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« SI TU SAVAIS, NOTRE INDEX, OÙ ON TE LE MET »

par La rédaction le Mars 2011 à 18h05
Le GF38, dernier de Ligue 2, est au bord de la faillite. Pour soutenir leur club, deux-cents supporters ont manifesté samedi 5 fevrier dans les rues de Grenoble.
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"Index, Index, démission !", voilà ce que l’on pouvait entendre, samedi 5 fevrier, rue Félix-Poulat, à Grenoble. Se faire piétiner par des rassemblements pour des causes diverses et variées, ils en ont l’habitude, les pavés de la grande place centrale. Mais par une manifestation de supporters de football qui veulent sauver leur club, c’est plus rare.

À deux doigts de la faillite

"On sait qu’on n’aura aucune influence directe sur les négociations, mais on est là pour montrer qu’il y a des gens qui aiment ce club et qu’il ne faut pas lâcher", explique un des supporters du GF38, qui sont environ deux-cents à se diriger vers le stade, où leur équipe va affronter Nîmes. Pour les ultras, la situation est grave. Leur club, relégué de Ligue 1, est actuellement dernier de Ligue 2. Mais il est surtout à deux doigts de la faillite, avec un déficit qui avoisinerait les cinq millions d’euros. Le 20 janvier, la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) a confirmé la rétrogradation administrative du club à titre conservatoire ainsi que l’interdiction de recrutement.

"C’est la crise, le club vivote. La mairie et les dirigeants essayent de le faire survivre avant que des négociations aboutissent. On a entendu plusieurs rumeurs sur d’éventuels repreneurs, mais pour l’instant rien n’est fait. On a encore un peu de chance sportivement, un peu de chance administrativement, mais le dépôt de bilan peut nous tomber sur le nez à tout moment", explique un supporter du GF38, qui se charge de répondre aux questions des médias.

Repreneurs

Une solution de sortie de crise semblait pourtant avoir été trouvée fin décembre. Index corporation, la société japonaise propriétaire du GF38, était prête à vendre le club à Thierry Granturco, un avocat d’affaires. Mais mi-janvier, il annonçait son retrait, les deux parties s’accusant mutuellement d’avoir fait capoter l’affaire. "Granturco, on ne sait pas trop s’il est venu se montrer ou s’il avait vraiment l’intention de reprendre le club. D’après ce qu’on nous a dit, ils discuteraient avec d’autres repreneurs. Mais on n’en sait pas plus", commente l’attaché de presse informel.

Un badaud dans la rue s’approche : "Excusez moi, c’est une manifestation contre quoi ? Je ne comprends pas..." On explique. "Ah... je croyais que c’était pour l’Égypte et tout ça. C’est important quand même, c’est un sport qui fédère les gens, le foot a donné une aura à la ville. Je ne vais pas dire que ça ne m’intéresse pas, mais ça m’intéresse moins. Je vais attendre celle pour l’Égypte". Les chants des supporters résonnent dans les rues, mêlés à quelques airs habituels des manifestations : "Index, si tu savais, notre index où on te le met ! Aucu... aucu... aucune hésitation".

« Ã‡a fait dix ans que c’est le bordel »

Au GF38, Chaque jour apporte son lot de rumeurs ou de péripéties. Ainsi, Yorik Ravet a été transféré à Saint-Étienne mais devait être prêté à Grenoble dans la foulée. Un prêt refusé par la DNCG... sous prétexte que le club n’a pas le droit de recruter. "Avec tout ce qu’il se passe, c’est normal que la DNCG nous ait dans le nez", comprend un supporter. Aujourd’hui, il se murmure qu’Index serait prêt à réinjecter de l’argent, et des tas de noms d’éventuels repreneurs circulent. "De toutes façon, ça fait dix ans que c’est le bordel, ce club est pourri de l’intérieur", résume un manifestant désabusé.

À l’arrêt de bus, trois femmes voilées regardent curieusement la troupe. "C’est une manifestation pour le club de foot, je m’y intéresse un peu, avec mon fils", lâche l’une d’elle, une serpillère à la main. "On attend le bus 31 pour aller travailler, on est dans le nettoyage. Et après, on va à la manif pour l’Égypte." Pour autant, elles sont loin de trouver l’action futile : "S’ils manifestent, c’est surement qu’ils ont raison !" Le cortège a fini par rejoindre le stade, dans les chants et les fumigènes, mais dans le calme. Un autre rassemblement se forme place Félix-Poulat, en soutient des peuples tunisiens et égyptiens. Pendant ce temps, le GF38 s’impose face à Nîmes (1-0), pour revenir à cinq point du premier non reléguable.

Cet article a ete originalememt publie sur le site des Cahiers du football



La rédaction

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