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Accueil du site > Social > Il était une fois la dévolution

Il était une fois la dévolution

par La rédaction le Novembre 2008 à 20h01

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Il faut plus d’argent contre Alzheimer, plus d’argent contre le cancer, plus d’argent pour les soins palliatifs, énumérait Nicolas Sarkozy lors d’une intervention télévisée. « Mais où est ce qu’on les trouve ? Où est-ce qu’on les trouve ? »
C’est ainsi que le président de la République justifiait qu’on instaure « la franchise médicale » et que les malades paient pour leur maladie. C’est ainsi qu’il justifie aujourd’hui qu’on abolisse les régimes spéciaux. C’est ainsi qu’il justifiera bientôt que l’âge des retraites recule pour tous, que la Sécu soit privatisée par morceaux, que soit votée la TVA « sociale ». Mais sa question mérite une réponse : où trouver l’argent ?

8% du PIB

C’est une donnée centrale, et donc jamais citée, de l’économie française. En 1983, 74% de la valeur ajoutée des entreprises partait aux salariés. Aujourd’hui, on plafonne à 66 %. Où sont donc passés ces 8 % du PIB, entre 130 et 170 milliards d’euros ? Tout simplement dans la poche des actionnaires ! C’est un hold-up, gigantesque et silencieux, qu’ils ont réussi depuis vingt ans. Alors que les salaires réels stagnaient entre 1985 et aujourd’hui, l’indice du CAC 40 était lui multiplié par 5,5. Et cette année encore, le gouvernement a « appliqué strictement la loi pour déterminer les relèvements du Smic » – autant dire que le relèvement du salaire minimum fut minimal : 2,1%. Pendant que, pour les actionnaires, le CAC 40 annonçait, en 2007, des « profits records », soit 91 milliards d’euros - dont, autre record, 40 milliards furent reversés en dividendes. Toujours moins
Ce déplacement des richesses s’opère également par un abaissement des « acquis du salariat » : la durée de cotisation s’allonge, pour des retraites qui diminuent, la couverture de la Sécurité Sociale rétrécit tandis que la CSG augmente, etc. Et la politique ne rétablit aucune justice. Au contraire, elle aggrave les inégalités par des allègements d’impôts pour les riches - 15 milliards d’euros, par exemple, pour le paquet cadeau fiscal.

Diviser pour mieux régner

Demeure un mystère : comment faire accepter une politique aussi injuste ? Comme toujours : en divisant le monde du travail pour mieux régner. Les employés du privé contre les privilégiés du public. Les gentils fonctionnaires à régimes normaux contre les méchants à régimes spéciaux. Les courageux smicards contre les paresseux assistés. Les chômeurs français contre les envahisseurs immigrés, etc. A chacun son bouc émissaire. Dans leur catalogue d’oppositions, nos gouvernants oublient sans cesse le même conflit. Le fondateur, l’essentiel : celui qui oppose les salariés aux actionnaires. A nous de le rappeler, de marteler cette évidence.
A nous de convaincre les travailleurs que, par delà nos différences, par-delà nos « corporatismes », nous avons un ennemi commun. Car la régression sociale n’a rien d’une fatalité...

Cet article nous a été gentiment prêté par le journal Fakir

A lire, du même auteur et sur le même sujet : "La guerre des classes", de François Ruffin, publié chez Fayard



La rédaction

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