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« Démantèlement syndical » à Becton Dickinson

par La rédaction le Novembre 2008 à 20h01

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Après quelques recherches sur Internet, je découvre un article du journal l’Humanité de 2005 qui parle d’un « plan de démantèlement syndical » à l’usine de Pont de Claix. Je questionne un délégué syndical : « Alors, heu, disons qu’on est tombés sur un fichier dans l’ordinateur du directeur des relations sociales titré « démantèlement syndical »â€¦ Donc, bon, les syndicalistes, c’est nous, ça nous concernait, donc on l’a copié, et on s’est rendu compte que la direction prenait des mesures pour enlever leur poids aux syndicats ». L’affaire sort dans la presse en février 2005. Loin de faire un mea culpa, le directeur des relations sociales porte plainte pour vol. Dix syndicalistes attendent le verdict du tribunal, qui sera rendu le 28 novembre 2008.
Sur tout un pan de mur du local du comité d’entreprise, les dix huit pages du plan sont toujours exposées, depuis 2005. Il passe par trois étapes : construire la confiance, puis « contourner les syndicats pour modifier le rapport de forces », pour enfin « réduire le pouvoir de nuisance industrielle des élus ». Classé « strictement confidentiel » et destiné aux seuls membres de la direction de l’époque, le plan a le mérite d’être clair. Il liste les « pressions externes, par le haut et par le bas », pour « créer l’incertitude, le doute au sein même des syndicats actuels ». Et pointe même un « risque : c’est paradoxal, mais ne pas tuer l’espoir du changement social. Si les élus et le personnel sont convaincus que le site n’a plus d’avenir, leur réactions seront jusqu’au-boutistes ». Suite à l’affaire, plusieurs cadres sont évincés.
Ce plan a été créé après une grève en 2004, « plus limitée, mais où l’on avait obtenu beaucoup de choses… et après, au final, on s’est fait avoir ». La direction proposa une réunion pour mettre à plat tous les problèmes de l’entreprise : « On a joué le jeu. Ils nous ont écoutés et s’en sont servi pour monter leur plan contre nous ! ». Lorsque que l’on sait où ça fait mal, c’est plus facile d’appuyer sur la plaie. « Finalement, on s’aperçoit que tout ce qui était marqué a été appliqué… ».


La rédaction

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