• Simple peine

    Comme les autres médias, c’est après y avoir été invité à l’occasion de la visite d’un sénateur Vert que nous avons décidé de faire un reportage au centre de rétention administrative de Saint-Exupéry. Ou plutôt devant le bâtiment, puisque seul le sénateur a le droit d’y entrer. Le centre n’est pas officiellement une prison, mais ça a l’air quand même vachement moins confortable que l’hôtel Formule 1 d’en face. Il faut dire que les caméras de surveillance et les barbelés ne font rien pour rendre l’endroit plus charmant.

    Retenus, pas détenus.

    Les gens qui peuplent le centre ne sont pas détenus, mais retenus. Ce sont des hommes, mais aussi des femmes et des enfants qui n’ont pas grand-chose à se reprocher. Leur seul tort : ne pas avoir de papiers en règle. Pour cette raison, ils sont privés de liberté, entassés à quatre dans des chambres de 9m² et peuvent être immédiatement reconduits dans leur pays d’origine.

    Devant le centre, deux anciens retenus attendent. L’un deux, Kader*, Algérien de trente ans, m’explique sa situation. Tombé amoureux d’une Française rencontrée lors d’une tournée de danse, il reste en France où il fait cinq enfants à la patrie. Il n’a jamais pris la peine de régulariser sa situation, ce qui est quand même plutôt bête, et se retrouve retenu au centre à la suite d’un contrôle d’identité. Il y reste six jours, le temps de prouver que grâce à ses enfants français, il a bien le droit de rester sur le territoire.

    D’autres retenus connaissent des fortunes bien différentes : « Il y en a qui ont eu des histoires dans leur pays, ils ne veulent pas y retourner. Certains font des tentatives de suicide, parce qu’ils préfèrent mourir ici que de rentrer… » raconte Kader. Marie-Thérèse Traynard, militante à la Coordination iséroise de soutien aux sans-papiers et demandeurs d’asile, à l’origine de la visite, connaît bien le problème : « Il y a beaucoup de réfugiés politiques qui sont menacés de mort dans leur pays. Pour rester, ils doivent le prouver, mais c’est parfois très difficile. Avec le Congo où l’Algérie, on arrive à faire venir des preuves, des témoignages, mais ailleurs, comme en Guinée, les gens ont peur que leur témoignage ne leur pose des problèmes ».

    Lorsque je demande à Kader quelles sont les conditions de rétention, il se montre très clair : « On n’est pas en prison, mais on est quand même enfermé. Les policiers sont très gentils, ils comprennent qu’on a des problèmes. Avec les CRS, ce n’est pas pareil… Mais les gens sont là pour faire leur travail » commente t-il. Pour corroborer ses dires à chaque fois que des policiers passent derrière les grilles, Kader les apostrophe et plaisante avec eux.

    Théorie de la relativité

    Les journalistes qui attendent le sénateur ne prennent même pas la peine d’interroger les anciens retenus (sauf celui d’un journal gratuit, ce qui est cocasse, vu que toute la presse payante critique les gratuits pour leur manque de qualité). Ils vont se réfugier sous une sorte d’abribus qui sert de salle d’attente aux familles.

    Il fait froid, il pleut, et le sénateur reste plus longtemps que prévu dans le centre. Les journalistes se plaignent. Une femme, accompagnée de deux fillettes, arrive. « Leur père doit être expulsé le lendemain » explique Kader. Pas rancunier, ce dernier retourne à l’intérieur du centre avec la complicité d’un policier. Pas de syndrome de Stockholm, il veut seulement donner les trente euros qu’il a en poche à un ancien camarade : « C’est un vieux, il n’a pas de famille, il pourra s’acheter des clopes ». Le sénateur Vert sort enfin et se déclare « surpris » des bonnes conditions de rétention. Ca c’est de l’opposition ! En réalité, l’écologiste est surtout venu pour faire parler de lui – et de sa candidature aux primaires des Verts pour l’élection présidentielle de 2007 – et ne connaît pas grand-chose au problème. Comme le dit son conseiller : « Chez nous, il y autant de candidats que de militants ! »

    Dans leurs éditions respectives, les médias montreront eux aussi que la question ne les passionne pas, jugeant que ce n’est pas la peine d’y consacrer beaucoup de place.

     
  • Terre d’asile

    Côte à côte, alignés en rangs serrés comme le veut l’agencement de ce genre de lieux, ces paisibles habitants de St Martin le Vinoux tâchaient vainement de se reposer. Tous avaient sûrement rêvé, jadis, d’un lieu plus agréable. Au bord de mer, pour profiter des embruns « vivifiants » à l’ombre de grands pins maritimes. En pleine forêt, pour le calme et la faune. Ou encore sur les flancs d’une belle montagne, pour l’espace et la vue. Mais, par un triste hasard ou parce qu’ils n’en avaient pas eu les moyens, ils s’étaient retrouvés ici. Et n’avaient plus qu’à s’en accommoder… ou pas.
    « Encerclés par l’A48, la voie ferrée, le club canin et un terrain de football, tu parles d’un repos éternel ! » lançait l’un d’eux, dépité. Mais par quel moyen faire entendre sa plainte quand on ne peut plus s’exprimer ? Devait-il se résigner ? C’était bien mal le connaître. Alors que faire ? Et bien… rien. Attendre. Mais attendre une éternité…. c’était quand même un peu long.

    Et le pauvre homme, comme ses voisins de sépulture, n’avait encore rien vu. Certes, ils avaient senti venir le coup. Déjà, les ateliers municipaux se reconstruisaient ailleurs et, à la faveur de menus travaux sur la piste cyclable, une entrée et une sortie d’autoroute avaient été aménagées. Bien sûr, ils savaient que l’époque n’était plus, et depuis bien longtemps, au culte des anciens et à la mémoire collective. « Maintenant, place aux hautes innovations technologiques, à la spéculation immobilière et aux deals subventions-contre-emplois, rageait l’ancien syndicaliste. Nul doute qu’ils vont pas tarder à s’implanter dans le coin. » Il ne croyait pas si bien dire.
    Bientôt, les pelouses du stade et du club canin qui, malgré quelques nuisances sonores apportaient un peu de joie et de vie, auront disparu. Exit les rires lors des tournois, les chiots qui batifolent et les camps de rutilantes caravanes tsiganes qui y trouvaient parfois asile. Une flopée de bâtiments grappillera ça et là les derniers mètres carrés disponibles.
    « Tout [terrain de foot, ateliers, club canin, ndlr] devrait être relocalisé sur le reste de la commune » précise le Métroscope. Tout, « à l’exception bien compréhensible » du cimetière, qui se retrouvera de fait cerné par les bâtiments industriels, les cadres soucieux et les chercheurs radieux.
    Mais c’est vrai, que peuvent bien valoir des chiens, des footballeurs amateurs, des gitans et quelques dépouilles ?

     
  • Grenoble est magique

    C’était une soirée comme une autre pour la fine équipe du Torchon. Nous étions tranquillement en train de siffler nos bocks de bières dans un pub irlandais, lorsque notre œil fut attiré par un événement invraisemblable qui se déroula à un mètre de nous. Sur la table voisine, une grosse pièce de monnaie coincée à l’intérieur d’une chope retournée venait de disparaître en un éclair. L’homme à l’origine de l’illusion, et ses deux compères, entamèrent alors une série de tours de cartes. Mais pas des tours de merde, faits par le cousin du tonton pour l’anniversaire de mamy. Du bon gros tour qui tue. A un moment, l’un d’entre eux se dirige vers le milieu du bar. Debout, manches retroussées, bras le long du corps, façon cow-boy près à dégainer. D’un coup, puis pendant de longues secondes, il fait apparaître des dizaines de cartes dans chacune de ses mains et les lance frénétiquement dans tous les sens. On avait prévu de rentrer tôt. Mais comme c’était splendide, on est resté.

    Vos débuts ?

    Axel : En achetant un jeu de carte et une vidéo dans un magasin de magie
    Artmik : Aujourd’hui il y a des vidéos, le multimédia, alors qu’avant il n’y avait que les livres et les rencontres pour apprendre des tours, c’était très fermé… moi c’est le jour où un magicien m’a fait rêver que j’ai voulu faire de la magie
    Pilou : En voyant des magiciens aussi. Après l’important ce n’est pas le nombre de tours que tu fais, mais c’est quand tu t’intéresses à l’histoire de la magie, quand tu te demandes quel est le but, si c’est de faire rêver les gens ou de se faire mousser

    A Grenoble, il y a un gros milieu de magiciens ?

    P : Déjà, il y a un très bon magasin (Magic events, 34 cours Jean Jaurès), et il y a deux structures : la FFAP (fédération française des artistes prestidigitateurs), qui est la grosse fédération française, et Rendez-Vous magique, une association grenobloise, peut être plus technique et un peu moins solennel. Dans les deux, il y a un concours d’entrée : il faut de bonnes bases, mais il faut aussi connaître l’histoire de la magie.
    Ar : Les clubs organisent des conférences, font venir des magiciens, et ça nous permet de nous réunir, on se montre et on s’échange des tours. Il y a une grosse concentration de magiciens à Grenoble, c’est une ville magique !

    Est-ce que vous arrivez à vivre de la Magie ?

    P : Oui, on a un statut d’intermittent du spectacle. On fait aussi bien des spectacles sur scène, des séminaires ou on est là pour détendre l’atmosphère, et des anniversaires ou autres soirées chez des particuliers. L’entraînement demande aussi beaucoup de temps, j’y passe toutes mes journées.
    Ar : Moi aussi c’est mon métier, mais ce n’est pas facile. Très peu arrivent à vivre de la magie, à Grenoble on est moins d’une dizaine.
    A : Moi j’ai un travail, je suis électricien. Je passe beaucoup de temps sur les boites que j’utilise dans les spectacles, je les fabrique moi-même. Je fais ça quand j’ai le temps. A un moment, ça m’a intéressé de faire de la magie mon métier, mais j’ai de moins en moins envie. Le mode de vie intermittent m’aurait plu, mais depuis le nouveau statut, c’est vraiment difficile.

     
  • Journaux papier et éditions en ligne

     

    Depuis qu’Internet est entré dans nos vies respectives, nous avons un rapport différent concernant les médias. En effet, ces derniers sont plus accessibles de telle manière qu’on se demande si les journaux en version imprimé ne disparaitront pas bientôt. Toutefois, on a beau prédire la fin du papier, il semble toujours résister face aux nouveaux modes de communication dont notamment les éditions en ligne.

    L’histoire de la presse écrite remonte au 17e siècle lorsque le manuscrit était utilisé pour diffuser une information. Au fil du temps, les machines ont pris le relais, permettant de diffuser des quotidiens en grand nombre. Depuis la fin du 20e siècle, la presse écrite fait face à une nouvelle forme de concurrence. Il s’agit de la presse en ligne. On peut désormais se connecter sur son ordinateur, tablette ou même smartphone pour s’informer.

    L’édition en ligne possède de nombreux avantages dont notamment celui de la rapidité. Plus besoin d’attendre l’édition du lendemain matin pour lire les nouvelles. Désormais, consulter son site favori lorsqu’une nouvelle se répand devient un véritable réflexe. Internet n’est plus une simple plateforme pour se divertir, il devient un outil à part entière pour s’informer. Les fonctionnalités de la Toile ne se limitent plus à des activités comme dénicher le contact d’une escort Paris de http://www.6annonce.com/ mais aussi à faire des recherches sur divers sujets.

    Les escort Paris sont présentes sur le web pour se faire remarquer. Désormais, il est plus simple d’afficher ses atouts sur une plateforme électronique. Elles affichent leur photo, donnent leur prénom, parlent de leurs goûts et leurs préférences et se livrent à ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur elles. Pour les intéressés, il suffit de prendre contact avec elles et de convenir d’un rendez-vous pour se retrouver ensemble.

    Hormis la rapidité de l’information dans les éditions en ligne, ils possèdent un avantage de taille à savoir leur gratuité. En effet, bon nombre de sites d’information sont accessibles via son ordinateur sans avoir à débourser un sou. Ceci est principalement possible grâce aux publicités hébergées sur les plateformes dédiées à l’information. D’une manière générale, pour faire de l’argent, les sites web d’information ou d’escort Paris ont besoin de publicité pour continuer à exister. Par ailleurs, il est de plus en plus fréquent que les éditions en ligne proposent des formules d’abonnements à leurs lecteurs en ligne.

    Du coup, s’il faut débourser de l’argent pour suivre les articles de son journal favori, on préfère sa version en papier. En effet, le confort de lecture est plus intéressant sur le papier. On prend le temps de lire chaque article et on retient mieux les informations véhiculées. Le journal en papier fait partie d’un rituel qu’on aime effectuer au quotidien. On lit son journal le matin au petit déjeuner et non à la va-vite entre deux occupations sur son écran. Sa présence dans les mains est beaucoup plus impressionnante que son format impersonnel à l’écran. Cela est similaire au fait qu’avoir une escort Paris à ses côtés est plus intéressant que de la contempler uniquement à l’écran.

     
 
Letorchondauphinois 2016